• Olivier Fortier-Lebel

LA COVID-19 : UNE FAUSSE PERCEPTION DES ODEURS



LA PAROSMIE ET LA PHANTOSMIE : UNE ALTÉRATION QUALITATIVE DE L’ODORAT


La perte complète ou partielle de l’odorat, respectivement appelée anosmie et hyposmie, a été un symptôme couramment rapporté chez les individus ayant contracté le virus de la Covid-19 et largement médiatisé. Toutefois, cette diminution de l’odorat ne fait pas exception aux changements olfactifs rapportés à la suite d’une infection par ce virus. En effet, plusieurs ont également expérimenté des modifications étranges et plutôt désagréables dans leur façon de percevoir les odeurs. Ces individus souffrent de distorsions olfactives pouvant prendre deux formes : la parosmie et la phantosmie. La parosmie est une condition dans laquelle des aliments ou des objets courants prennent une odeur leur étant généralement non associée ; la phantosmie se définit plutôt par l’impression de sentir une odeur n’étant pas réellement présente (d’où le préfix « phanto »). Pour ces deux conditions, les odeurs perçues sont souvent de nature désagréable (p.ex : odeur de brûlé) et se présentent avec une forte intensité, rendant ces conditions souvent pénibles.


Les altérations qualitatives de l’odorat, telles que la parosmie et la phantosmie, sont causées par des lésions aux neurones sensoriels olfactifs. Ces neurones sont des cellules dans notre nez qui réagissent aux molécules odorantes dans l’air afin de nous permettre de percevoir les odeurs. Le virus de la Covid-19 ne correspond pas à la seule cause pouvant être responsable d’une parosmie ou d’une phantosmie. En effet, celles-ci peuvent aussi apparaître à la suite de traumatismes crâniens, de maladies neurodégénératives (p.ex : Parkinson), d’expositions à des toxines, d’infections des voies respiratoires supérieures, etc.


Imaginez-vous sentir une odeur de brûlé, de moisissure ou de cigarette chaque fois que vous vous faites un café, que vous prenez votre douche ou que vous marchez dans la rue. Les individus présentant une parosmie ou phantosmie sont confrontés à des expériences similaires pendant plusieurs semaines, mois ou même année. Il est plutôt récurrent que des symptômes de dépression ou d’anxiété soient vécus par ces individus. Heureusement, dans la plupart des cas, la parosmie et la phantosmie sont des conditions temporaires, se résorbant graduellement sans attention médicale nécessaire. Toutefois, dans certains cas des traitements, tels que la prise de zinc, l’entrainement olfactif ou la chirurgie, sont disponibles et peuvent aider au processus de guérison.


LES IMPACTS PSYCHOLOGIQUES ET LES TRAITEMENTS POSSIBLES
Pour en apprendre plus, venez me rejoindre au Symposium Air & Odeur Montréal !




ÉGALEMENT AU SAOM 2022


Sarah Brosse, doctorante en sciences biomédicales à l’Université du Québec à Trois-Rivières, animera un atelier qui vous permettra de (re)découvrir votre odorat !

Vous apprendrez comment il est possible de mesurer et quantifier notre olfaction à travers de petits tests ludiques.


Serez-vous capable d’identifier une odeur de banane ? Arriverez-vous à distinguer l’odeur d’une pomme de celle d’un ananas ? Et enfin, parviendrez-vous à percer le mystère des Jelly Bean ?

Oliver Fortier-Lebel

Olivier est doctorant en neuropsychologie au sein du laboratoire de neuroanatomie chimiosensorielle à l’Université du Québec à Trois-Rivières. Pour son projet de thèse, il s’intéresse aux capacités olfactives au stade préclinique de la maladie d’Alzheimer comme un marqueur précoce du développement de la maladie.


Son odeur préférée est celle de la pluie d'été

47 views

Recent Posts

See All