• Stéphane J.Cariou

LE POTENTIEL DE NUISANCE COMME FACTEUR DE CLASSEMENT DES SOURCES ODORANTES



Les odeurs environnementales constituent une sous catégorie importante de la pollution atmosphérique perçue, qui, avec le bruit, la chaleur et la lumière, est abordée sous la rubrique commune du stress environnemental.

Les facteurs de stress environnemental perçus dans les zones résidentielles entraînent un sentiment d’insécurité accru et une perception négative de la qualité de vie (Evans et Cohen, 1987). Ces odeurs environnementales sont inhérentes à la plupart des sites industriels et peuvent être à l’origine de toute une série de réactions, devenant fréquemment une cause de gêne environnementale pour le public (Carmo, 2010).


Les nuisances olfactives sont devenues un problème environnemental majeur pour les communautés de voisinage, les municipalités locales, les organismes d’État et les gouvernements nationaux du monde entier. Ces nuisances ont pour origine les caractéristiques intrinsèques de l’odeur (intensité, acceptabilité, qualité et persistance) ainsi que l’ensemble des facteurs FIDOL avec par exemple la fréquence ou le moment de sa perception. Le déploiement des industries sur un territoire dépend de l’acceptabilité de leurs odeurs dans le voisinage.


Il est alors obligatoire de mettre en place une stratégie pour diminuer l’impact odorant sur le voisinage. Pour cela, il est essentiel de déterminer les sources odorantes du site. S’il n’y en a qu’une seule, le choix s’en trouve simplifier. Par contre dans le cas de la présence d’une multitude de sources, il sera primordial de les hiérarchiser afin de prioriser les actions correctives à mettre en place.

Actuellement en Europe, l’évaluation de l’impact olfactif au travers de la législation est uniquement basée sur la mesure de la persistance des odeurs, conformément à la norme EN 13725. Cependant, cette détermination n’est pas suffisante pour évaluer la gêne olfactive. En effet, la gêne olfactive ne

comprend pas seulement des paramètres quantitatifs comme la persistance ou la force de l’odeur, mais aussi l’acceptabilité (ton hédonique) de l’odeur. Actuellement, dans la prévention des odeurs industrielles, la concentration (mesure de la persistance des odeurs) et l’intensité sont prises séparément comme paramètres d’évaluation des impacts olfactifs plutôt que de l’acceptabilité. Mais ces mesures ne reflètent pas le potentiel réel de nuisance d’une odeur, car la nuisance olfactive est fortement influencée par le ton hédonique (Sucker et al., 2008).


Ce dernier paramètre, l’acceptabilité de l’odeur représentant le caractère agréable ou désagréable, est un élément clé dans l’estimation de la gêne olfactive (Van Harreveld, 2001). Plusieurs méthodes d’évaluation de la tonalité hédonique existent soit sur des échelles fermées comme par exemple, VDI 3882-2 (1994), ISO NF 16000-28 (2012) soit sur des échelles ouvertes comme la méthode de Chaignaud (2014).





La VDI 3882-2 propose une méthode d’évaluation de la tonalité hédonique en environnement pour limiter l’impact de l’intensité, de la qualité et de la toxicité des odeurs en travaillant à six dilutions différentes. La norme NF 16000-28 décrit une évaluation de la tonalité hédonique pour les

émissions d’odeurs par les matériaux, mais sans aucune dilution de l’échantillon. Dans ce cas, la qualité et l’intensité de l’odeur peuvent affecter la perception de la tonalité hédonique. De plus, le panel est exposé à une concentration potentiellement toxique. Dans les deux cas, l’évaluation nécessite environ 15 membres et la valeur est définie sur une échelle fermée. La méthode de (Chaignaud et al. 2014) reprend le principe d’évaluation de l’acceptabilité à différentes dilutions de la VDI, en se plaçant à des dilutions proches du seuil de reconnaissance de l’odeur à caractériser. Le résultat est alors une extrapolation à dilution nulle sur une échelle ouverte.


Un exemple de niveaux d’acceptabilité pour quatre molécules est présenté dans la Figure 1. Les valeurs obtenues permettent la discrimination du ton hédonique des différentes molécules. Les molécules ayant une l’acceptabilité considérée comme positive se retrouve en positif et les celles étant les désagréables en négatif. Plus l’odeur est désagréable plus la valeur est négative.



FIGURE 1 : EXEMPLE DE NIVEAU D’ACCEPTABILITÉ POUR QUATRE

MOLÉCULES

Comment évaluer, plus précisément ces nuisances olfactives qui représentent un enjeu très important tant d’un point de vue sociétal qu’industriel ?

À quoi peut servir cette valeur ?

Comment évaluer plus précisément ces nuisances olfactives qui représentent un enjeu très important tant d’un point de vue sociétal qu’industriel ?


Pour améliorer la hiérarchisation des sources odorantes, il peut être intéressant de s’intéresser à un potentiel de nuisance qui serait la combinaison de la concentration d’odeur et du niveau

d’acceptabilité pour estimer cette gêne olfactive.


Les exemples donnés dans les tableaux ci-dessous présentent deux cas de figure d’intérêt de l’utilisation du potentiel de nuisance.


Le Tableau 2 montre que dans le cas de concentration d’odeur très proche, le niveau d’acceptabilité et le potentiel de nuisance évoluent dans le même sens et permet de classer les sources les unes par rapport aux autres.


Pour améliorer la hiérarchisation des sources odorantes, il peut être intéressant de s’intéresser à un potentiel de nuisance qui serait la combinaison de la concentration d’odeur et du niveau d’acceptabilité pour estimer cette gêne olfactive.


Les exemples donnés dans les tableaux ci-dessous présentent deux cas de figure d’intérêt de l’utilisation du potentiel de nuisance.


Le Tableau 2 montre que dans le cas de concentration d’odeur très proche, le niveau d’acceptabilité et le potentiel de nuisance évoluent dans le même sens et permet de classer les sources les unes par rapport aux autres.

Le Tableau 3 s’intéresse à des sources dont les concentrations d’odeur et les niveaux d’acceptabilité sont non corrélés.

À quoi peut servir cette valeur ? Comment évaluer plus précisément ces nuisances olfactives qui représentent un enjeu très important tant d’un point de vue sociétal qu’industriel ?


Pour améliorer la hiérarchisation des sources odorantes, il peut être intéressant de s’intéresser à un potentiel de nuisance qui serait la combinaison de la concentration d’odeur et du niveau d’acceptabilité pour estimer cette gêne olfactive.


Les exemples donnés dans les tableaux ci-dessous présentent deux cas de figure d’intérêt de l’utilisation du potentiel de nuisance.


Le Tableau 2 montre que dans le cas de concentration d’odeur très proche, le niveau d’acceptabilité et le potentiel de nuisance évoluent dans le même sens et permet de classer les sources les unes par rapport aux autres.

Stéphane Cariou

Responsable Scientifique de la plateforme PAQMAN (Analyses physico-chimiques et sensorielles), M. Cariou se spécialise dans l’étude de la relation entre la composition chimique d’un gaz et la gêne olfactive générée. Il a géré plusieurs projets liés à la problématique « Odeur » dans différents secteurs industriels (équarrissage, compostage, méthanisation, matériaux de construction et d’ameublement).

Son odeur préférée est de l’immortelle dans le maquis corse


RÉFÉRENCES

Carmo G.N.D., Belli P., Lisboa H.D., Schirmer W.N., Lacey, M.E.Q., 2010, Odor assessment tools

and odor emissions in industrial processes, Acta Scientiarum-Technology, 32, 287-293, DOI:

10.4025/actascitechnol.v32i3.4778.

Evans G.W., Cohen S., Environmental stress in Stokols D., Altman I., Handbook of environmental

psychology, Wiley, New York, NY (1987), 571–610.

NF EN 13725, 2022, Emissions de sources fixes - Détermination de la concentration d’odeur par

olfactométrie dynamique et du taux d’émission d’odeurs, France.

NF ISO 16000-28, 2012, Air intérieur : Détermination des émissions d’odeurs des produits de

construction au moyen de chambre d’essai, France.

Sucker K., Both R., Bischoff M., Guski R., Krämer U., Winneke G., 2008, Odor frequency and odor

annoyance Part 2: dose-response associations and their modifications by hedonic tone,

International Archives of Occupational and Environmental Health, 81, 683-694, DOI:

10.1007/s00420-007-0262-4.

Van Harreveld A.P., 2001, From odorant formation to odour nuisance: new definitions for discussing

a complex process, Water Science and Technology, 44(9),.9-15. VDI 3882-2, 1994,

Olfactometry – Determination of hedonic odour tone, Germany

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